Création sonore, cinéma pour l’oreille ou série d’images phonographiques – Création 2018

« Les Bruits du dehors »

 


 

Conception : Hélène Perret 

Création électroacoustique : Eddie Ladoire

Voix enregistrées : Stéphanie Cassignard et Judith Gars

Textes : Marguerite Durasextraits de : Un Barrage contre le Pacifique, L’Amant, L’Amant de la Chine du Nord.

 


 

À écouter   

 

 

« L’écriture courante, c’est ça, celle qui ne montre pas, qui court sur la crête des mots, celle qui n’existe pas, qui a à peine le temps d’exister. Qui jamais ne « coupe » le lecteur, ne prend sa place. Pas de version proposée. Pas d’explication »  MD. Entretien du Nouvel Observateur n°1033, 1984.

Chez Duras, les lieux ne servent pas uniquement au décor, à l’arrière-plan. Ils sont le point de départ de l’écriture, ils permettent le surgissement du souvenir et donnent la possibilité de reprendre la même histoire, de la développer, de la modifier. Dans les romans du cycle indochinois, peu à peu, les lieux vont être ramenés à une vision immédiate, imprévue et instantanée de l’écrivain, à une sorte de transcription improvisée d’une hallucination visuelle de l’auteur plutôt qu’à une visualisation descriptive détaillée. L’image est épurée, les lieux ne sont évoqués qu’à partir de quelques perceptions visuelles et auditives.

Faite de bruits et de silences, de sons, de la pluie, de la mer, de cris, de murmures de la ville, de piano, de chants, de musiques, l’œuvre est, de manière évidente, très sonore mais, à la lecture, on retrouve surtout quelques principes de la création phonographique : instantanéité, modulation, répétitions, résonnances et fixité.

De l’espace civilisé et habité de la ville, l’auditeur est transporté vers un espace primitif et sauvage, la forêt. L’eau, élément osmotique omniprésent qui réalise la fusion avec les autres éléments, permet ce passage. Mimant l’écriture de la représentation instantanée de Duras, faisant défiler les images suggérées d’un cinéma pour l’oreille, figurant l’épuisement de la représentation de l’espace indochinois, la création proposée provoque le surgissement d’images phonographiques, comme s’il ne restait plus, de cette histoire ressassée, de la persistance des lieux de l’enfance, que la bande-son qui aurait pu en être faite, une trace sonore.

En savoir davantage sur la méthode de composition_LesBruitsDuDehors

 

Créée en 2008 sous la forme d’une pièce électroacoustique immersive lors d’une résidence à l’Académie internationale Orford Musique au Québec , la première version de l’œuvre « Les Bruits du dehors » a été présentée la même année au SCRIME (Université de Bordeaux), puis en octobre 2014, dans le cadre d’une promenade sonore imaginée par Anne-Laure Chamboissier pour le parcours d’œuvres Hors les Murs de la FIAC, « Les Berges de Seine », à Paris.

Elle a fait l’objet d’une reprise en version théâtrale lors d’une résidence à l’Office Artistique de la Région Aquitaine et a été présentée dans le cadre du Festival Ritournelles en décembre 2012.

En juin 2018, une troisième (et définitive) version de l’œuvre, prenant de nouveau la forme d’une pièce électroacoustique en trois mouvements, est créée lors d’une résidence à la Villa Saïgon de l’Institut Français du Vietnam et présentée au centre cultuel Salon Saïgon.

 

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